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Eco-citoyens 08

Les Français prêts à des mesures fortes en faveur de la transition écologique ?

Dans sa feuille de route RSE, l’ADEME s’est fixée comme objectif de continuer d’être à l’écoute de ses parties prenantes. Créé en 2000, le baromètre « Représentations sociales du changement climatique » permet d’identifier et d'interroger les évolutions de l’opinion publique sur la transition écologique pour s’adapter aux évolutions de la société. Cette année, la crise de la Covid-19 n’a pas diminué la croissance de la préoccupation des Français pour l’environnement, ainsi que le révèle la dernière édition. Toujours de plus en plus nombreux à prendre conscience qu'il faudra modifier nos conditions de vie de façon drastique, ils montrent une certaine adhésion à la mise en place d’une taxe carbone…à certaines conditions. Malgré la crise sanitaire et son impact sur l’emploi, l’environnement reste l’une des premières préoccupations des Français comme en 2019. C’est ce que démontre le 21e Baromètre « Représentations sociales du changement climatique » de l’ADEME.

C’est même la première inquiétude des 15-24 ans (46 %) à égalité avec le chômage, ces derniers étant 50 % à estimer qu’on ne parle pas assez du changement climatique dans les médias contre 38 % de l’ensemble des sondés. Autre constat : l’idée que le changement climatique est lié aux activités humaines s’installe durablement dans l’opinion, à un niveau record (79 %) depuis la création du baromètre en 2000.

Crise sanitaire oblige, l’apparition de nouvelles maladies passe en un an de la 32e à la 5e position des craintes liées aux changements environnementaux. Les différentes inquiétudes s’accompagnent d’un pessimisme croissant, au plus haut niveau depuis l’an 2000. 67 % des Français estiment ainsi que les conditions de vie deviendront extrêmement pénibles à cause des dérèglements climatiques. « 58 % d’entre eux, soit 6 % de plus qu’en 2009, ont conscience qu’il faudra d'abord modifier les conditions de vie de façon drastique avant de mettre en place des solutions politiques et techniques, analyse Anaïs Rocci, sociologue à la direction exécutive prospective recherche de l’ADEME. Mais à la condition que les efforts soient partagés de façon juste entre tous les membres de la société. » Le baromètre tout comme l’enquête récente du CREDOC cofinancée par l’agence (voir ci-dessous) confirment ce désir d’équité en matière fiscale et réglementaire, une solution de plus en plus acceptée par les Français. 76 % d’entre eux approuvent, par exemple, l’augmentation du prix du carbone si elle ne pénalise pas le pouvoir d’achat des classes moyennes et modestes, et si les recettes sont utilisées pour financer des mesures de transition écologique, notamment sur les territoires. Autant de résultats riches d’enseignements pour l’ADEME. « La force du baromètre est son existence depuis vingt ans qui permet d’observer des tendances de fond en neutralisant l’effet de la conjoncture sur l’opinion, conclut Anaïs Rocci. Cela permet d’ajuster nos messages et nos actions vers nos différentes cibles et d’éclairer les choix des décideurs sur l’adhésion à certaines politiques publiques. ».  

L’enquête de 2020 montre une forte augmentation de l’opinion favorable à des mesures fortes et volontaristes en matière fiscale et réglementaire.

Anaïs Rocci, sociologue à la direction exécutive prospective recherche de l’ADEME

LA PRÉOCCUPATION POUR L’ENVIRONNEMENT RÉSISTE À LA PANDÉMIE 

L’ADEME a inséré des questions spécifiques à l'enquête « Conditions de vie et aspirations » du CREDOC, menée chaque année en janvier et complétée par une vague spéciale Covid-19 en avril-mai 2020 pour mesurer l’impact de la pandémie sur l’opinion des Français. 

Résultat ? La crise n’efface pas leur sensibilité croissante à l’environnement – leur 1re préoccupation devant le chômage - mais ne l’amplifie pas non plus (30 % en mai contre 31 % en janvier). Pendant la période du premier confinement, 77 % des sondés estiment même que la lutte contre le réchauffement climatique mériterait les mêmes moyens que la mobilisation contre la crise sanitaire. Et la part de ceux prêts à payer plus de taxes environnementales a connu une progression inédite de +6 % (30 % en mai contre 24 % en janvier).

58 % 

des Français pensent que la pandémie actuelle est due pour l'essentiel à une mauvaise exploitation de la nature*.

54 % 

des Français sont favorables à une augmentation de la taxe carbone, soit +8 points par rapport à 2019*.

* Source : 21e Baromètre « Représentations sociales du changement climatique »

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